Will Amos

Votre député de


Pontiac

Will Amos

Votre député de


Pontiac

Menu

Lettre ouverte à Andrew Scheer: Est-ce que les conservateurs nient que le fédéral a la juridiction pour mettre un prix sur le carbone et pour lutter contre les changements climatiques ?

Monsieur Scheer,

Avec tout ce que nous connaissons sur le réchauffement planétaire et l’urgence d’agir, tout parti politique sérieux devrait avoir un plan de lutte contre les changements climatiques. Prétendre le contraire serait de la pure négligence.

Comme vous le savez, le gouvernement libéral a décidé de mettre un prix sur la pollution par le carbone. Cette mesure s’inscrit dans notre plan visant à lutter contre les changements climatiques, à créer des emplois, à faire croître notre économie propre et à améliorer la vie des Canadiennes et Canadiens.

M. Scheer, votre parti n’a aucun plan climatique. En fait, plus de 200 jours se sont maintenant écoulés depuis que vous avez promis de déposer votre propre plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une décennie s’est écoulée depuis que Stephen Harper a affirmé qu’il allait « établir une valeur marchande du carbone » dans son plan, Prendre le virage, publié en 2008 : promesse non tenue. À cette époque, vous siégiez comme député conservateur à la Chambre des communes et vous avez appuyé ce plan. Je vous demande respectueusement : qu’est-ce qui vous a fait changer d’idée?

Tout récemment, vous avez suivi l’exemple de conservateurs provinciaux comme Doug Ford et Jason Kenney en vous présentant comme une soi-disant « résistance » à l’action sur le climat, alors même que M. Ford coupe dans les programmes environnementaux et gaspille 30 millions de dollars des contribuables pour combattre la tarification de la pollution en cour.

Sérieusement? Arrêter d’être laxiste sur la question climatique.  Les Canadiennes et Canadiens à travers le pays s’attendent à ce que leurs dirigeants protègent leur santé, la nature et leur avenir. Vous agissez de manière irresponsable.

Au moment où des forêts brûlent, des maisons sont inondées, les coûts d’assurance sont en hausse, de graves sécheresses endommagent les récoltes et des gens meurent en raison de la chaleur extrême, les Canadiens sont sceptiques, avec raison, face à une « résistance » partisane qui fait fi de la science. En fait, cela ne fait que révéler au grand jour le déni à peine voilé de votre parti à l’égard des changements climatiques.

M. Scheer, je vous demande si vous croyez vraiment que le gouvernement fédéral n’a aucune juridiction pour fixer un tarif sur la pollution qui cause les changements climatiques. Êtes-vous d’avis qu’il s’agit d’une question de compétence exclusivement provinciale? Adhérez-vous au principe de pollueur-payeur, reconnu à maintes reprises par la Cour suprême du Canada et maintenant solidement établi dans la loi et les valeurs canadiennes?

Le pouvoir fédéral de mettre un prix sur la pollution est ancré dans la Constitution en ce que le dossier des changements climatiques est un enjeu urgent d’ampleur national et que la pollution ne connaît pas de frontières. Cela requiert une action concertée des multiples secteurs et régions du Canada.

Voilà pourquoi le gouvernement libéral élimine progressivement l’électricité au charbon, augmente le recours aux énergies propres et investit massivement dans le transport en commun et l’efficacité énergétique, tout en renforçant les normes relatives aux carburants et en doublant la superficie des aires naturelles protégées au Canada.

Ces mesures s’ajoutent à une approche en matière de tarification de la pollution qui assure l’équité et uniformise les règles du jeu dans l’ensemble du Canada. Toutes les provinces sont traitées équitablement, et les revenus que génère la tarification de la pollution leur sont remboursés.

Le fait est que la plupart des Canadiens, y compris de nombreux conservateurs, savent que la pollution a un prix. Je vous rappellerai que, pour lutter contre les pluies acides, Brian Mulroney avait établi un tarif sur la pollution.

Si vous croyez réellement que le gouvernement fédéral n’a pas le pouvoir de réduire la pollution et de préserver notre environnement, les Canadiens méritent de le savoir. Si vous pensez que le gouvernement fédéral devrait se contenter d’être le valet des provinces en matière de lutte contre les changements climatiques, les Canadiens méritent aussi de le savoir.

Par conséquent, M. Scheer : où est votre plan climatique? Cessez de vous cacher derrière vos premiers ministres provinciaux conservateurs. Pourquoi ne pas être transparent avec votre plan et dire aux Canadiens comment la constitution, la juridiction fédérale et le concept de pollueur-payeur en font partie? Je suis certain que votre propre plan est préférable au fait d’obéir aux ordres de dirigeants provinciaux, d’adopter des positions constitutionnelles faibles et d’essayer de faire peur aux Canadiens au sujet d’un programme que vous avez autrefois approuvé.

Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas le faire, vous pourriez au moins modérer votre rhétorique. Au Parti libéral, nous écoutons les avertissements contenus dans le récent rapport du GIEC et poursuivons notre tâche consistant à protéger l’environnement pour nos enfants et petits‑enfants, tout en remettant de l’argent dans les poches des Canadiens.

Sincères salutations,

William Amos, députe de Pontiac